Abdelhamid Mahdoui Une légende à méditer

Abdelhamid Mahdoui s’est éteint le dimanche 10 mars 2019, à l’âge de 94 ans. Encore une figure de proue et un monument du tourisme tunisien qui s’en va. Pionnier, Abdelhamid Mahdoui a écrit une page du tourisme soussien. Il est l’un des pères fondateurs du tourisme à Sousse, la perle du Sahel. N’était-il pas le co-fondateur, au début des années soixante, de la société « Boujaâfar » qui géra le premier hôtel touristique qui porta le même nom et propriété à l’époque de la municipalité de la ville? N’était-il pas l’un des premiers à avoir négocié, déjà en 1964, des contrats d’allotement avec les tours opérateurs suisses Hotelplan et Kuoni, ainsi que l’allemand Neckermann? Pionnier, n’était-il le premier directeur technique d’hôtel agréé par l’ONTT? Fonceur, il était, avec l’hôtel Riadh, l’un des premiers promoteurs hôteliers des temps modernes. L’hôtel Riadh était à l’origine des bungalows destinés au tourisme local et que Abdelhamid Mahdoui transforma et aménagea en hôtel pour touristes étrangers. Aussi bien au Boujaâfar qu’au Riadh, Abdelhamid Mahdoui ne se contenta pas de l’existant. Il alla de l’avant et construisit des extensions. Toujours fonceur, ce self made man décida, en 1976, en pleine force de l’âge, à 51 ans, de voler de ses propres ailes et de bâtir sa propre unité hôtelière. Innovateur, Abdelhamid Mahdoui, édifia, en 1977, le premier appart hôtel, pour les touristes scandinaves, et pas en front de mer, mais en deuxième zone, le « Samara». A l’époque, c’était considéré inconcevable et à la limite suicidaire. Mais le bonhomme savait ce qu’il faisait. Le projet avait bien marché au point qu’il en fit une extension et construisit, en 1986, un nouvel hôtel, toujours en deuxième zone : « Panorama ». Pionnier, fonceur, innovateur, ce cafetier d’origine, devenu développeur touristique, a continué à prospecter de nouveaux horizons et à enrichir sa ville de nouvelles et belles réalisations. Toujours précurseur, il créa, en 1988, la première méga discothèque «Samara King»; et la même année l’agence de voyages «Holiday Services». Une année plus tard, en 1989, il ouvrit le centre d’animation folklorique, en ras de campagne: «Le Douar», et d’enchaîner après, en 1998, avec «Le Casino Samara»; pour terminer, en 2003, en apothéose, avec l’immobilier de luxe, et l’édification du «Slim Center», perpétuant le nom de son fils aîné, mort accidenté et qu’il n’a jamais pu oublier. Gentleman et bon vivant, homme élégant et discret, Abdelhamid Mahdoui a toujours eu la chance de son côté et su profiter des opportunités. Perspicace et efficace, il se nourrit du présent et il vit l’avenir. Il part et devient une légende à méditer.

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